Eric Zemmour laisse malicieusement monter la rumeur, et ne manque pas de l’alimenter discrètement lorsqu’elle vient à faiblir. Le polémiste du Figaro, qui enregistre chaque jour des pics d’audience de près de 1 million de téléspectateurs sur CNews, sera-t-il candidat à l’élection présidentielle 2022. Il le laisse croire et ne décourage en rien ses fidèles, au premier rang desquels Jacques Bompard, le maire (ex-Front national) d’Orange (Vaucluse), qui l’organise dans l’ombre. Au Rassemblement national (RN), on a longtemps haussé les épaules. Mais Marine Le Pen a jugé bon de revenir à deux reprises cette semaine sur une candidature « qui servirait objectivement » Emmanuel Macron.

Eric Zemmour, qui aura 63 ans cet été, se réclame d’une tradition gaulliste et bonapartiste, mais s’affiche plus nettement à l’extrême droite, sur une ligne bien plus radicale que Marine Le Pen. Il popularise volontiers la thèse du « grand remplacement » de l’écrivain Renaud Camus, a participé en septembre 2019 à la « convention de la droite » organisée par les amis de Marion Maréchal et a été condamné à trois reprises – en 2011, pour provocation à la discrimination raciale, en 2018 et 2020, pour provocation à la haine envers les musulmans.

Pour lui, il l’a dit et écrit, « Marine Le Pen a toujours été de gauche ». Face à son hostilité, comme face à celle de Robert Ménard, le maire de Béziers (Hérault) élu avec le soutien du Rassemblement national, ou celle de Philippe de Villiers, le RN, en pleine stratégie de « dédiabolisation » et qui entend à toute force se dégager de l’étiquette d’extrême droite, préfère positiver. « Plus les fractures s’accentuent, plus il faut qu’on apparaisse comme une force de rassemblement, explique Jordan Bardella, le vice-président du parti. C’est un combat qu’on va mener contre les plus radicaux chez nous, et ce n’est pas pour rien que l’extrême droite déteste le Rassemblement national. »

« Peut-être qu’il faut passer à l’action »

Au fil des mois, l’hypothèse d’une candidature Zemmour en 2022 a plus ou moins pris corps. Une association de financement du parti des « amis d’Eric Zemmour » a été fondée en avril, une liste a même été montée aux régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur par Jacques Bompard, « président d’honneur des comités Zemmour », baptisée « Zou ! La liste qui vous débarrasse du système »et menée par Valérie Laupies, ex-candidate FN à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Selon Politico, Eric Zemmour se serait par ailleurs mis en quête d’un directeur de campagne.

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