Difficile d’imaginer pays plus failli que cette terre meurtrie, accablée par la misère, la violence politique et la brutalité des gangs. Haïti est en chute libre, sans Parlement depuis un an, paralysé par les grèves et une recrudescence des enlèvements, avec à sa tête un chef de l’Etat conspué par la rue et qui tente par tous les moyens de se maintenir au pouvoir. Jovenel Moïse, rejeté par une majorité de la population et visé par un rapport de la Cour des comptes pour détournement de fonds, vient d’annoncer une série de réformes pour les prochains mois, réitérant par là même son intention de ne pas quitter son poste. Quitte à plonger l’île dans une crise encore plus vertigineuse.

Si tout le monde, dans un rare élan de consensus, s’accorde sur le fait que le mandat du président haïtien prend fin le 7 février, il y a désaccord sur l’année. Pour l’opposition et un nombre grandissant de juristes et d’organisations de la société civile, le temps du président Moïse s’achève ce dimanche. Lui dit que son mandat court jusqu’en 2022.

D’après son calcul, sa présidence a débuté lors de sa prestation de serment le 7 février 2017, une inauguration alors soutenue par l’Organisation des Etats américains (OEA). Pour ses détracteurs, qui rappellent que la Constitution stipule qu’un mandat présidentiel doit prendre fin « cinq ans suivant la date des élections », le temps a commencé à tourner un an plus tôt, à la suite d’élections chaotiques et controversées qui ont conduit à une présidence par intérim et un nouveau vote. Le scrutin organisé le 25 octobre 2015 avait été, de fait, annulé en raison de « fraudes massives », selon le rapport d’une commission d’enquête.

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