C’est un événement porteur d’espoir dans la lutte contre la crise climatique. Vendredi 19 février, les Etats-Unis ont officiellement réintégré l’accord de Paris sur le climat, après l’avoir quitté sous l’impulsion de Donald Trump. Le président américain, Joe Biden, en avait fait la demande auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), le 20 janvier, le jour de son investiture. Trente jours plus tard, la première puissance économique mondiale, et deuxième pollueur de la planète, rejoint de nouveau les 189 autres pays à avoir ratifié ce traité scellé, en 2015, afin de limiter le réchauffement climatique.

Sur le papier, ce retour pourrait apparaître symbolique : en raison de règles de procédure, les Etats-Unis ne seront sortis de l’accord que trois mois. En réalité, au-delà de l’appartenance ou non au traité, cet événement marque la volonté des Etats-Unis de s’imposer comme l’un des leaders de l’action climatique et d’entraîner les autres pays dans son sillage. Une rupture après les quatre années de présidence du climatosceptique Donald Trump, durant lesquelles son administration a freiné, voire bloqué, les négociations internationales sur le climat et limité la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau national, notamment en détricotant une centaine de réglementations sur l’environnement.

« Voir les Etats-Unis revenir dans le jeu diplomatique international sur le climat, avec une forte volonté politique, permet de redonner du souffle à tous les pays qui agissent contre le changement climatique, estime David Levaï, chercheur associé à l’Institut du développement durable et des relations internationales, basé à Washington. C’est la fin de la parenthèse de quatre ans de Donald Trump, la fin d’une énergie concentrée à non pas aller de l’avant, mais à éviter de reculer. »

« Blitz climatique »

« Les Etats-Unis sont désormais de retour dans les mots, mais aussi dans l’action », se félicite Rachel Kyte, doyenne de l’Ecole de droit et de diplomatie Fletcher (Massachusetts) et experte de la diplomatie climatique. Dès la première semaine de son mandat, par une série de décrets présidentiels qualifiés de « blitz climatique » par certains observateurs, Joe Biden a tour à tour arrêté le projet d’oléoduc Keystone XL, suspendu l’octroi de nouveaux permis de forage offshore, annoncé la protection du tiers de la surface des terres fédérales. Le président a également nommé des personnalités extrêmement compétentes sur le climat à tous les postes-clés de son administration, à commencer par l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry, qui devient envoyé spécial présidentiel pour le climat, une première aux Etats-Unis.

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