La cour d’assises de Paris a condamné mercredi 17 février en appel l’ex-secrétaire d’État Georges Tron à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour viol et agressions sexuelles en réunion sur une collaboratrice de sa mairie de Draveil (Essonne) et l’a placé en détention.

Deux anciennes employées de la mairie de Draveil accusaient Georges Tron de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la culture d’alors, Brigitte Gruel. Les deux accusés, qui ont toujours catégoriquement nié ces accusations, avaient été acquittés en première instance.

Au terme d’un délibéré de onze heures, la cour a déclaré l’élu âgé de 63 ans coupable de viol et agressions sexuelles en réunion sur Virginie Ettel, des faits « établis par les déclarations constantes et circonstanciées de la victime ». La justice l’a en revanche acquitté de faits similaires sur l’autre plaignante, Eva Loubrieu. En entendant la décision, cette dernière a éclaté en sanglots et est sortie en trombe de la salle, son manteau sous le bras.

Six ans d’inéligibilité

Brigitte Gruel a elle écopé de deux ans de prison avec sursis. La cour a aussi prononcé une peine de six ans d’inéligibilité contre Georges Tron.

L’ex-secrétaire d’État a écouté la sentence impassible, sans laisser transparaître la moindre émotion. Dans une atmosphère lourde, il a remis sa montre à son avocat, Me Antoine Vey, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés. Escorté par des gendarmes, il a été placé en détention.

Ce verdict va au-delà des réquisitions du ministère public en ce qui concerne Georges Tron. L’avocat général avait requis contre l’édile cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et demandé que la partie ferme de sa peine soit effectuée sous bracelet électronique.

Dénégations en bloc

Les deux accusés niaient en bloc les faits reprochés et soutenaient que les « mensonges » des plaignantes participaient d’un « complot » fomenté par les adversaires politiques de Georges Tron dans l’Essonne.

Rendu public quelques jours après l’éclatement de l’affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011, ce dossier en appel s’inscrit en plein débat sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Un contexte que les parties civiles n’ont pas manqué d’invoquer durant les longues journées de débats.

Massages de pieds, mensonges, enregistrements clandestins, « omerta », descriptions crues de scènes sexuelles trioliques… Pendant quatre semaines, la cour s’est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995. Cette affaire l’avait contraint à démissionner du gouvernement Fillon en 2011.

« Emprise »

L’accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron avait exercé une « emprise » sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu, assurant que cet ascendant moral constitue une forme de contrainte – l’une des caractéristiques du viol et de l’agression sexuelle dans le code pénal.

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