2015, un gisement de gaz naturel offshore, doté d’un potentiel de 15 billions de pieds cubes de gaz avec des réserves estimées à 1 milliard de barils1, a été découvert entre le Sénégal et la Mauritanie. Dans l’optique d’une exploitation conjointe de cette ressource transfrontalière, les deux pays ont signé un accord de coopération dénommé ‘Projet de production de gaz Grand Tortue /Ahmeyim (GTA) le 9 février 2018. D’après les statistiques fournies par BP, ce gisement devrait, selon les prévisions, entrer dans la phase de production d’ici 2023 et va durer 20 à 30 ans. Toutefois ce projet renferme des risques environnementaux, socio- économiques et sécuritaires. C’est du moins ce que révèle le rapport « Revue critique de l’Étude d’Impact environnemental et social du projet gazier Grand Tortue /Ahmeyim (GTA) ». Ce rapport de 46 Pages produit par LEGS-Africa qui est une initiative panafricaine d’orientation scientifique, politique, économique et sociale regroupant la nouvelle génération de l’élite africaine pour promouvoir la citoyenneté de transformation en Afrique, identifie plusieurs formes de risques qui pèsent sur l’exploitation projet gazier Grand Tortue /Ahmeyim (GTA).

 Risques environnementaux

En plus de la diminution de la qualité de l’air ambiant pendant la phase de construction du projet, le rapport alerte sur quatre autres risques que  pourrait engendrer ce projet gazier, avec la perte temporaire de prises de pêche artisanale en raison des impacts du déversement sur le plancton, les poissons et d’autres ressources halieutiques. « Diminution de la qualité de l’air ambiant (NOx et SOx seulement) pendant la phase de construction. Diminution de la qualité de l’air ambiant pendant la phase des opérations.

Exposition d’oiseaux, de phoques moines méditerranéens (espèce en danger), de tortues de mer à des niveaux élevés d’hydrocarbures dans une zone régionale ; quelques impacts létaux et de nombreux impacts sublétaux découlant des effets directs et indirects à l’exposition à des hydrocarbures suite à l’éruption d’un puits, à une défaillance du FPSO en raison d’une collision avec un navire ou à une collision avec un navire poseur de conduites. Contamination aux hydrocarbures d’espèces menacées entraînant de la mortalité suite à l’éruption d’un puits, à une défaillance du FPSO en raison d’une collision avec un navire, ou à une collision avec un navire poseur de conduites. Perte temporaire de prises de pêche artisanale en raison des impacts du déversement sur le plancton, les poissons et d’autres ressources halieutiques. », renseigne le document.

Risques Socio-économiques

En plus des risques environnementaux, le rapport note également des risques socio-économiques qui peuvent qui pèsent sur l’exploitation de ce projet. Il s’agit des risques accrus sur la sécurité des pêcheurs en mer, perte temporaire de revenus de la pêche et une perte de recettes pour les économies nationales en raison de la perturbation temporaire des activités de pêche artisanale entre autres.

« Mécontentement social à Saint-Louis en raison de la perception possible d’une perte de secteurs de pêche et d’une diminution des prises de pêche, combinée aux opportunités d’emploi limitées, à la perception de griefs et/ou de demandes d’indemnisation non satisfaits (par exemple pour la perte d’équipements de pêche), ainsi qu’en raison du risque accru pour la sécurité des pêcheurs en mer à cause de la présence des navires du projet pendant les phases de construction et des opérations. Interdiction temporaire de la pêche artisanale dans la zone d’intervention pour jusqu’à plus de 25 000 embarcations de pêche artisanale (chiffre de 2017). Perte temporaire de revenus pour jusqu’à environ 80 000 pêcheurs artisanaux (chiffre de 2017). Perte temporaire de revenus pour jusqu’à environ 700 000 personnes engagées dans des activités liées à la pêche artisanale (chiffre de 2017).

Perte temporaire de recettes pour les économies nationales en raison de la perturbation temporaire des activités de pêche artisanale. Diminution temporaire de la capacité des communautés côtières à faire face à leurs dépenses quotidiennes en raison de la perte temporaire de leur gagne-pain, accompagnée du risque de sombrer dans la pauvreté et la précarité. Manque temporaire de l’aliment de base des communautés côtières en raison de l’interruption de la pêche artisanale, et répercussions possibles sur le régime alimentaire des ménages à l’échelle nationale. Plus grande précarité des femmes et des groupes vulnérables dans les communautés de pêcheurs, et en particulier dans celles de la Langue de Barbarie. », renseigne toujours le document de 46 pages.

Risques sécuritaires

Les risques ne sont pas seulement environnementaux et socio-économiques. Ils sont aussi sécuritaires. Le rapport révèle également que des risques sécuritaires peuvent aussi découler de l’exploitation projet gazier Grand Tortue / Ahmeyim (GTA), notamment le risques de conflits entre la communauté de pêcheurs et les forces de sécurités publiques, entre autres. « Risque de conflits entre les pêcheurs et les forces de sécurité publique si certains pêcheurs doivent être escortés hors des zones d’exclusion de sécurité pendant les phases de construction et des opérations. Risque d’un acte terroriste ciblant les installations de production de gaz, avec pour effet d’accroître le niveau du risque terroriste à l’échelle nationale pendant les phases des opérations et de fermeture. Pression supplémentaire sur les forces de sécurité publique dont les ressources sont limitées, puisqu’elles devront être disponibles en tout temps (24 heures par jour, 7 jours par semaine) pour régler des incidents de sécurité impliquant des pêcheurs artisanaux ou pour mener des opérations de recherche et de sauvetage, au besoin, pendant la phase des opérations. Pression supplémentaire sur les autorités chargées de la sûreté nationale qui devront être disponibles en tout temps pour prévenir et gérer des incidents touchant la sûreté nationale en mer résultant de la présence des infrastructures de production de gaz offshore du projet pendant la phase des opérations », conclut le document qui précise qu’ « à travers ce projet, LEGS-Africa vise à contribuer à une gouvernance transparente et démocratique, économiquement et écologiquement responsable du pétrole et du gaz au profit du bien-être des populations sénégalaises ».

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