amedi 2 janvier, 10 h 30, près de la place de la Bastille, à Paris, MGLO se dirige vers une palissade en bois qui protège les devantures de la célèbre brasserie Bofinger. Le street-artiste n’est pas au mieux, il craint d’avoir attrapé le Covid-19. A peine a-t-il entreposé ses pots de peinture sur les lieux qu’il part faire un test antigénique. Il revient quelques minutes plus tard rassuré. Il enfile une blouse pour mieux passer inaperçu, trempe son rouleau dans le pot de peinture blanche et se met au travail.

Les passants masqués défilent sans trop prêter attention à l’œuvre inquiétante qui prend forme sous leurs yeux : une série de trois châteaux d’où sortent des monstres. Il s’applique ensuite à tracer des contours incertains avec une bombe de peinture rose fluo. Le château hanté et organique, strié de veines rouges, ce nouveau motif est apparu dans sa palette avec la pandémie.

Les monstres qui sortent des forteresses assiégées de MGLO sont là pour« repousser » le virus

« Le château, c’est l’ultime refuge. Je les peins sur les palissades et les rideaux de fer des commerçants pour leur apporter une protection. A la manière d’une amulette pour contrer la contamination, mes châteaux forts portent la mention “Protect vs Covid-19” »,précise l’artiste. Les monstres qui sortent de ces forteresses assiégées sont là pour « repousser » le virus. Loin de penser que ses peintures possèdent des pouvoirs magiques, MGLO cherche avant tout à construire une œuvre publique qui agisse comme un miroir des peurs et des vulnérabilités de la société.

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