A man walks with a face mask at the Kantamanto market after the partial lockdown in parts of Ghana to halt the spread of the COVID-19 coronavirus was lifted in Accra, Ghana on April 20, 2020. - The streets of Accra buzzed with life following President Nana Akufo-Addo's announcement of the end to a three-week restriction on movement around the capital and second region Kumasi. (Photo by Nipah Dennis / AFP)

Au Ghana, le coronavirus circule plus vite mais toujours en silence. « Ici, quand on dit “Covid”, les gens pensent tout de suite au sida, confie une malade sous couvert d’anonymat. Tout ce qui est infectieux est perçu comme sale et honteux. » La jeune femme de 37 ans estime avoir attrapé le Covid-19 deux semaines plus tôt, et souffre pour l’instant de peu de symptômes. « Moi, j’ai de la chance, mais je suis inquiète pour les autres. On voit maintenant beaucoup de jeunes qui développent des formes graves de la maladie », affirme-t-elle.

 A parcourir les rues d’Accra, la capitale ghanéenne, on en oublierait pourtant rapidement l’existence de la pandémie mondiale : le masque est rarement porté, les commerces et marchés sont ouverts et la nuit, la fête continue dans les bars bondés. En 2020, on pensait savoir que le Covid-19 tuait surtout les personnes âgées : or, au Ghana, la moitié de la population a moins de 21 ans.

Mais, depuis quelques jours, l’inquiétude commence insidieusement à gagner la jeunesse, qui s’était laissée bercer par un sentiment d’invincibilité. Plusieurs établissements, comme le Firefly, une institution parmi les clubs accréens, ont fermé leurs portes pour quelques semaines, par mesure de prudence. « Je n’ai pas arrêté de sortir mais maintenant, je choisis les lieux différemment, témoigne un habitué du Firefly. Moins de clubs et de bars, plus de plages et de soirées en plein air. Je connais beaucoup de gens qui ont eu le Covid, alors j’essaie d’être un peu plus prudent. »

Déferlante meurtrière

Car le doute n’est plus permis désormais : le Ghana subit de plein fouet sa deuxième vague épidémique. Dans son 22e discours télévisé consacré à l’évolution de la crise sanitaire, dimanche 17 janvier, le président Nana Akufo-Addo a annoncé des statistiques « particulièrement inquiétantes ». Le nombre de cas actifs, a-t-il indiqué, a plus que doublé en deux semaines, passant de 900 à 1924, tandis que le nombre de cas critiques est passé de 0 à 33. Depuis, les chiffres n’ont pas cessé de grimper. Alors que le Ghana oscillait depuis septembre entre une cinquantaine et une centaine de contaminations par jour, il lui arrive désormais de dépasser les 600 nouveaux malades quotidiens. « Nos centres de traitement Covid-19, qui étaient vides, sont désormais remplis en raison de la recrudescence des infections, a déclaré le président. A ce rythme, nos infrastructures de santé vont être débordées. » Le 19 janvier, le centre médical de Nyaho, submergé par l’afflux de malades du Covid-19, a ainsi annoncé le transfert de tous les autres patients vers les hôpitaux voisins

Le monde.fr

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